Musique et mixage : Mylène Farmer
Album : extrait de l'album Innamoramento (1999)
Orchestration en concert : Yvan Cassar
Lieu de tournage : Palais Omnisports de Bercy – Paris (Paris)
Influences : Ce texte, l'un des plus sibyllins de Mylène Farmer, semble formé pour les couplets sur un dialogue assez rude entre une fille et sa mère tandis que le refrain ouvre une adresse de cette même fillette à son père, apostrophe toutefois bien gauloise... Il n'en fallait d'ailleurs pas plus pour remarquer dans ce refrain, outre une possible métaphore qui assimilerait le sexe féminin à un bouton de rose, un kakemphaton, cette figure de rhétorique qui consiste en un jeu sur les mots, souvent un calembour ou une expression cachée, figure qui dévoile ici le terme d'inceste. Cette chanson est donc placée sous le signe de relations ½dipiennes d'autant plus ambiguës que dans le vidéo-clip réalisé par Michael Haussman, l'ange roux, funambule et acrobate dans un cirque malsain et dangereux, est tirée d'affaire par un prestidigitateur qui, une fois tout péril écarté, se révèle sous sa véritable identité : le père de la jeune femme. Un tel titre jette donc à nouveau de l'huile sur le feu en rendant la chanteuse la plus talentueuse de ces vingt-cinq dernières années davantage sulfureuse. Un tel constat est encore plus pertinent dès lors qu'à ces relations psychanalytiques s'ajoutent un certains mysticisme contenu dans l'allusion à Ponce Pilate (préfet de la province romaine de Judée – 10 avant J.-C. – 39 après J.-C.), celui qui, selon le Nouveau Testament, aurait laissé faire la condamnation à la crucifixion de Jésus Christ. A morceau trouble personnage controversé, donc, cocktail infernal auquel il faut ajouter d'autres allusions religieuses (la présence, par exemple, d'un bréviaire, ce livre contenant l'ensemble des prières que les prêtres, les religieux de l'Église catholique ont l'obligation de dire chaque jour, à certaines heures) et une mise en scène dynamique avec une chorégraphie de groupe entraînante, un petit jeu d'illusions de la part de Mylène qui apparaît là où on ne l'attend pas grâce à la collaboration d'une de ses danseuses, Valérie Bony, et un costume plutôt tendancieux mais très chic avec des corbeilles formant un postérieur artificiel pour la chanteuse et ses acolytes de scène. Que dire enfin du titre même de cette chanson, étrange terme qui oscille entre le mot-valise entre « optimiste » et « mystique » ou l'anglicisme « optimistic » (en français, « optimiste ») ?...
Je me fous de tes détresses,
Comme de tout et comme du reste...
C'est ça, le temps qui passe...
Je me fous de tes angoisses,
Elles m'ont nourrie mais me lassent...
C'est ça, le temps qui passe...
Je fais fi de tes « Je t'aime ! »,
Ils sont des cris qui m'enchaînent !...
C'est ça, l'amour... C'est quoi, l'amour ?...
Tu ne vis pas, c'est morbide :
En somme, je suis pathétique ?...
C'est ça l'amour...
Papa n'était pas comme ça quand...
Il disait tout bas « Petit bouton de rose,
Aux pétales humides, un baiser je dépose... »
Optimistique-moi, papa...
Optimistique-moi, quand j'ai froid...
Je le dis tout bas quand rien ne s'interpose,
Qu'aussitôt tes câlins cesse toute ecchymose...
Optimistique-moi, papa...
Optimistique-moi, reviens-moi...
Tu te fous de mes ténèbres,
Comme de tout et comme du reste...
C'est ça, le temps qui passe...
Fais fi des signes du ciel,
Seuls les faits sont ton bréviaire....
C'est ça, le temps qui passe...
Tu dis « Assez des histoires ! »,
Ton passé est préhistoire...
C'est ça, l'amour... C'est quoi, l'amour ?...
Crucifie-moi, Ponce Pilate,
Noie-toi dans l'eau écarlate...
L'amour est loin,
Papa était plus malin quand...
Il disait tout bas « Petit bouton de rose,
Aux pétales humides, un baiser je dépose... »
Optimistique-moi, papa...
Optimistique-moi, quand j'ai froid...
Je le dis tout bas quand rien ne s'interpose,
Qu'aussitôt tes câlins cesse toute ecchymose...
Optimistique-moi, papa...
Optimistique-moi, reviens-moi...