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1989 - Tristana

Tristana
Paroles : Mylène Farmer
Musique et mixage : Laurent Boutonnat
Album : extrait de l'album Cendres de lune (1986)
Orchestration en concert : Bruno Fontaine
Lieu de tournage : Forest National – Bruxelles (Belgique)


Influences : Cette chanson, le premier tube de Mylène Farmer dont elle ait écrit les paroles elle-même, est définitivement placée sous le signe du marteau et de la faucille, symboles de l'Union Soviétique qui à l'époque, bien que moribonde, existait toujours. En effet, si le vidéo-clip de Laurent Boutonnat fait défiler des images d'archives de la Révolution d'Octobre, un portrait de Karl Marx (activiste politique, philosophe et théoricien allemand – 1818-1883) et des vidéos de Lénine (de son véritable nom Vladimir Ilitch Oulianov, révolutionnaire et homme politique russe – 1870-1924), le tout appliqué au célèbre conte des frères Grimm (linguistes, philologues et collecteurs de contes allemands – Jacob, 1785-1863 ; Wilhelm, 1786-1859) intitulé Blanche-Neige, la mise en scène de cette chanson est aussi fortement empreinte d'idées d'extrême-gauche dont on suppose qu'elles ont davantage servi de source d'inspiration que de révélateur des convictions politiques profondes de la chanteuse et de son acolyte. Ainsi la rousse iconique est-elle vêtue d'un lourd trois-quarts grenat qui rappelle les manteaux d'hermine portés par les aristocrates russes, tandis que ses danseurs sont vêtus comme deux moujiks gagnés aux idées marxistes-léninistes (l'étoile rouge qu'ils portent sur leur veste le démontre amplement) et ses danseuses comme de simples paysannes russes. Le texte fait pour sa part appel au célèbre film Tristana, de Luis Buñuel (réalisateur et scénariste mexicain d'origine espagnole – 1900-1983), avec Catherine Deneuve dans le rôle-titre, long métrage lui-même inspiré du roman éponyme de Benito Pérez Galdós (romancier, dramaturge et journaliste espagnol – 1843-1920). Cette influence cinématographique lourde est d'ailleurs confirmée par deux cinéastes dont l'ascendant a été très fort sur Laurent Boutonnat lors de la réalisation du clip en 1987, à savoir Andreï Tarkovski (réalisateur russe – 1932-1986) et le très célèbre Sergueï Eisenstein (réalisateur russe – 1898-1948). Cette chanson est ainsi un véritable labyrinthe de références où des indices ont été semé par le couple mythique de la chanson française comme l'eût fait le Petit-Poucet...

Paroles :

Triste, elle est prête à tout pour rien, pour tout...
Dans la ronde des fous, elle pleure tout doux...
L'amour a tué les mots qui la touchent, touchent...
Contre ta bouche, elle veut qu'on la couche...
Triste, elle fait la grimace devant sa glace,
D'un coup du c½ur enlace l'ombre qui passe...
Mais rien jamais n'effacera les traces lâches
Du sang qui coule, des corps qui se cassent...

Adieu, Tristana !...
Ton c½ur a pris froid...
Adieu, Tristana !...
Dieu baisse les bras...
Laissez-la partir...
Laissez-la mourir...
Ne le dites pas : Tristana, c'est moi !...

Triste sort, Tristana... Tu sais, crois-moi,
Trois petits tours, elle s'en va : la vie, comme ça...
Les plus beaux jours s'achèvent dans la peine, haine...
Pourquoi faut-il payer de ses veines ?...

Adieu, Tristana !...
Ton c½ur a pris froid...
Adieu, Tristana !...
Dieu baisse les bras...
Laissez-la partir...
Laissez-la mourir...
Ne le dites pas : Tristana, c'est moi !...
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# Posté le samedi 15 novembre 2008 10:11

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