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2006 - Ange, parle-moi...

Ange, parle-moi...
Paroles : Mylène Farmer
Musique et mixage : Laurent Boutonnat
Album : extrait de l'album Avant que l'ombre... (2005)
Orchestration en concert : Yvan Cassar
Lieu de tournage : Palais Omnisports de Bercy – Paris (Paris)


Influences : Magnifique ballade qui ne semblait pas à l'origine destinée à la scène, cette chanson à la fois mélancolique et mystique – Mylène y évoque à plusieurs reprises, et notamment dans le refrain, la figure judéo-chrétienne de l'ange, cet être spirituel, ce messager de Dieu auprès des hommes, et celle de l'archange, placé au-dessus de l'ange dans la hiérarchie céleste – donne lieu à un des plus beaux cadres de ce concert. Yvan Cassar, qui se met à jouer quelques notes intimistes sur la plate-forme centrale en forme de croix – précisément le symbole le plus connu du christianisme – cède très vite la vedette à l'interprète, qui, apparue dans le ciel de Bercy debout sur un candélabre géant, se rapproche peu à peu de son public jusqu'à atterrir sur la scène qui prend l'aspect d'un vitrail horizontal. Toutefois, la Bible et la tradition religieuse occidentale ne sont pas les seules sources d'inspiration dont fait ici preuve l'ange roux, puisqu'elle emprunte également plusieurs passages de ce titre à Virginia Woolf (femme de lettres et féministe anglaise – 1882-1941), et notamment à son plus célèbre roman Mrs Dalloway. C'est d'ailleurs à ce membre actif de la société londonienne du début du XXème siècle que Mylène Farmer rend hommage dans le livret de son double album live, de même qu'à la première personne à l'avoir traduite en français, Claire Malroux, angliciste de renom. A cette figure déterminante s'ajoute celle d'Etty Hillesum (femme de lettres hollandaise – 1914-1943), jeune juive déportée dans le camp de concentration d'Auschwitz, en Pologne (le thème de la shoah semble ainsi très cher à la chanteuse) et célèbre pour avoir tenu un journal intime et entretenu une active correspondance alors même qu'elle était emprisonnée et maltraitée loin de sa ville natale, Amsterdam. C'est très probablement ce journal intime, plus tard publié à titre posthume sous le titre de Une vie bouleversée, qui aura ici inspiré l'icône, surtout par ses considérations sur la foi en l'humanité – alors même qu'Etty Hillesum voyait chaque jour ses droits et ceux de sa communauté se restreindre, constatait quotidiennement la barbarie humaine –, sur son abnégation et sa confiance totale en Dieu, et enfin sur sa résignation finale à la mort. Dans le registre des poètes, on pourra enfin déceler le poids récurrent des écrits d'Emily Dickinson (poétesse américaine – 1830-1886) et notamment de ses Quatrains et autres poèmes brefs, rédigés dans la stricte réclusion de sa chambre, à Amherst, dans le Massachusetts.

Paroles :

L'ange, parle-moi !...
Le plus vaste des c½urs se brisent...
Parle-moi !...
L'hiver pourvu qu'on le cultive...
Dans cette pièce, nul semble respirer...
Ici, c'est un abri qui m'a été donné...

Don't let me die, l'ange...
Don't let me die, l'archange...
Tu sais le temps qu'il faut pour apaiser nos peines...
Don't let me die
Et dit encore « Je t'aime »...

Parle-moi !...
Pourquoi cette couleur trompeuse ?...
Ange, parle-moi !...
De voir qu'en lui, ils étaient deux...
Je sais ce que mentir veut dire pour moi...
Tu sais, Dieu a rompu son pacte avec cet étranger...

Don't let me die, l'ange...
Don't let me die, l'archange...
Tu sais le temps qu'il faut pour apaiser nos peines...
Don't let me die
Et dit encore « Je t'aime »...

Parle-moi... Parle-moi...
Parle-moi, dis-moi si tu es là...
Ange, parle-moi... Parle-moi...
Parle-moi, dis-moi si tu es là...

Don't let me die, l'ange...
Don't let me die, l'archange...
Tu sais le temps qu'il faut pour apaiser nos peines...
Don't let me die
Et dit encore « Je t'aime »...
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# Posté le mercredi 15 octobre 2008 20:23

Modifié le mercredi 15 octobre 2008 20:39

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