Paroles : Charles Baudelaire (poète symboliste, critique d'art, essayiste et traducteur français - 1821-1867)
Tiré du recueil Les Fleurs du mal - LXXXV - Section "Spleen et idéal"
Musique et mixage : Laurent Boutonnat
Album : chanson extraite de l'album Ainsi soit je... (1988)
Orchestration en concert : Bruno Fontaine
Lieu de tournage : Forest National - Bruxelles (Belgique)
Influences : outre le texte et l'univers lugubre de Charles Baudelaire (poète, critique d'art, essayiste et traducteur français - 1821-1867), on retrouvera l'influence de la religion chrétienne avec le moine encapuchonné qui vient ouvrir les grilles du cimetière et celle du site mégalithique de Stonehenge, près de Salisbury (Sud de l'Angleterre), célèbre pour les célébrations des équinoxes et des solstices qui devaient probablement s'y dérouler à l'âge du bronze. L'on suppose aussi que Laurent Boutonnat, fin connaisseur du cinéma d'auteur, s'est largement inspiré des techniques cinématographies que Leni Riefenstahl (danseuse, actrice, réalisatrice et photographe allemande - 1902-2003) a mis en oeuvre dans son tristement célèbre film de propagande nazie Les Dieux du Stade, méthodes qui l'ont fasciné bien plus que son contenu extrêmement polémique et guère en accord avec les idées du compositeur.
Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible
Dont le doigt nous menace et nous dit "Souviens-toi !"...
Les vibrantes douleur dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible...
Le plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse...
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison...
Trois mille six cents fois par heure, la seconde
Chuchote "Souviens-toi !", rapide, avec sa voix
D'insecte... Maintenant dit "Je suis autrefois
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !"...
"Remember ! Souviens-toi ! Prodigue, esto memor..." :
Mon gosier de métal parle toutes les langues !
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues,
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or...
Souviens-toi que le temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup, c'est la loi !
Le jour décroît, la nuit augmente, souviens-toi !...
Le gouffre a toujours soif, la clepsydre se vide...
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encore vierge,
Où le Repentir même, ô, la dernière auberge,
Où tout te dira : "Meurs, vieux lâche, il est trop tard !"...